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Difficile de se nourrir des activités de Crystal Lake pour en tirer quelque chose de suffisamment littéraire et susceptible d'être lu par le commun des mortels. Preuve en est la marche et les activités quasi quotidiennes de l'association qui tiennent plus de la routine que de l'excitation artistique permanente. Mais ça, vous le savez déjà, vous qui lisez régulièrement ces lignes et ce, quel que soit le rédacteur de cet éditorial, c'est un thème récurrent...
Là où ça change, c'est dans la manière dont les informations s'échangent, tant par le vecteur que nous utilisons pour nous manifester que par celui qui nous apporte les informations. Vous l'aviez sans doute compris, je veux parler d'internet. Car, mises à part les éternelles tartes à la crème que l'on nous "balance" au travers des médias, le réseau des réseaux nous permet d'obtenir une information et de la faire passer plus rapidement par le biais de notre nouveau serveur, le Crystal Web (aux bons soins de notre distingué confrère Serge Belleudy). Mais vous qui n'avez pas accès au web (internet), vous n'êtes pas oubliés et vous profitez aussi de ce nouveau vecteur, car une bonne partie des nouvelles que vous lisez dans ce Crystal News nous sont parvenues par ce biais.
Internet est un aspect de la nouvelle évolution dont Crystal Lake est un témoin privilégié. L'autre aspect de ces changements est musical. Il a pour nom "ambient techno". J'ai de plus en plus de mal à cerner la différence qui peut exister entre, par exemple, The Higher Intelligence Agency et certains groupes de Berlin school, entre Steve Roach et certains disques très méditatifs vendus sous l'étiquette "ambient techno". Car en fait, ce genre est le seul apparenté au courant général (techno) qui laisse une certaine liberté aux musiciens. Les schémas de la trance, de la trance de Goa, de la house ou du hardcore (beurk !) privilégient le poum-poum-poum par rapport aux éventuelles créations rythmiques. Pour vous livrer mon sentiment, je pense que, malgré les défauts que l'on trouve souvent dans ce genre de productions, on a tout intérêt à écouter. Je sais que je vais faire sourire certains et râler les autres, mais Crystal Lake n'a pour moi plus
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d'intérêt à parler de musiciens comme Bernd Kistenmacher ou Ron Boots (que j'aime bien mais qui fait une musique ridiculement fonctionnarisée). Il est tout à fait possible que tout cela se tasse et disparaisse dans deux ou trois ans, et il est aussi possible que dans dix ans la techno soit toujours présente, allez savoir. Ce que je veux essayer de faire passer, c'est que la musique électronique a depuis longtemps dépassé ses frontières. Ne soyons pas naïfs non plus, si Crystal Lake continue de vendre des produits tels que les coffrets Silver Edition et Historic Edition c'est uniquement parce que quelques uns les réclament. Nous ne cautionnons plus, et ce depuis longtemps, les iXièmes versions du retour du "maître des synthétiseurs". Je n'en veux pas particulièrement à Klaus Schulze, d'ailleurs, il faut bien que tout le monde vive... Il va sans dire aussi que le rock, bien moribond ces derniers temps, semble animé d'un second souffle et il est normal que l'on s'arrête sur des groupes comme Oasis ou Blur qui font une musique bien ficelée et très vivante. Ce n'est plus le cas de la musique dite "Berlin school" d'aujourd'hui, qui n'a plus sa place telle que l'ont définie Ashra, Tangerine Dream et Klaus Schulze, c'est-à-dire nouvelle, fraîche et inventive. À cette époque, les moyens utilisés étaient nouveaux et contribuaient grandement à donner à ce mouvement un élan qu'il ne retrouvera vraisemblablement jamais plus. De plus, la manière générale d'utiliser les synthétiseurs est depuis longtemps très supérieure, techniquement, dans les disques de variétés ou de rock. Alors que reste-t-il de ces beaux jours ?
Mon but n'est pas de relancer la polémique (même si je sais pertinemment qu'il y a quatre-vingt dix pour cent de chances que ça produise cet effet) car cela ne m'intéresse pas. Je suis simplement un être curieux et je m'étonne que pas un des rédacteurs ou des intervenants du Crystal Infos et du Crystal News (à part peut-être Éric Storm) ne daigne se pencher un peu plus sur tout cela. Souvenez-vous pour les plus anciens d'entre vous, n'étiez-vous pas des explorateurs mélomanes au début des années soixante-dix ?
Alors, essayons de le redevenir.
Robert Lenoir
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